Jamais plus je ne pourrais t’offrir
L’innocence de mes six ans
Le regard plein de rires
Ce désir qu’ont les petits de devenir grand
Une main blottie dans celle de l’imaginaire
Et l’autre agrippée au fil ténu du cerf-volant
Alors que le temps est encore un frère
Qui nous fait cadeau du présent
Jamais plus je ne pourrais t’offrir
De mes vingt ans toute cette fragile beauté
Et l’insouciance des pleurs et rides à venir
D’un corps de Vénus dont j’ignorais les attraits
Occupée à me protéger des vautours
Qui rodaient aux alentours
Dans la course effrénée contre les monstres
Bien davantage que contre la montre
Jamais plus je ne pourrais t’offrir
Un cœur sans barbelé, sans usure
Qui la nuit s’étouffe dans un respire
Un passé exempt de mille blessures
Que les heures de joies et de plénitude
Viennent recoudre par habitude
La santé étant un lointain projet
Depuis si longtemps oublié
Jamais plus, mais toujours
La candeur et la force de tout mon amour
Avec aux pourtours
Des cicatrices et l’espoir de meilleurs jours
© Tous droits réservés 2020, Elena Martinez
