Le Diable pleure aussi…

Fiction

« Les sexes sont peut-être plus parents qu’on ne le croit ; et le grand renouvellement du monde tiendra sans doute en ceci : l’homme et la femme libérés de toutes les erreurs, de toutes leurs difficultés, ne se rechercheront plus comme des contraires, mais comme des frères et sœurs, comme des proches. Ils uniront leurs humanités pour supporter ensemble, gravement, patiemment, le poids de la chair difficile qui leur a été donnée»

Rainer Maria Rilke

« Le bonheur ne dépend pas de l’endroit où l’on vit, mais de la personne avec laquelle on est »

Zhang Xianelong

Voici des histoires qui n’ont rien de contes poétiques dans lesquelles ni vous ni moi serions les héros de nos pauvres chimères. Il était mille fois, des lignes écrites à l’encre écarlate et poisseuse de la violence.

Par ces nouvelles fictives, je désire me faire le témoin de toutes ces bouteilles qui sont jetées à la mer de notre quotidien. Contenants de verre bien trop fragiles pour contenir cette multitude de messages désespérés qui voyagent de si long cours. Récipients sans blindage qui transportent dans leurs entrailles des missives qui tanguent sur la surface de nos jours avec à leurs bords, tant de S.O.S lancés dans le courant d’un siècle d’individualisme.

Néanmoins, je fais plus que jamais le souhait que nous portions davantage à notre oreille, le coquillage des cris parfois discrets, parfois stridents, de l’humanité en détresse. Et surtout que tous les mal-aimés trouvent en eux, la guérison du  pardon. Le pardon, non pas tant envers ceux qui les auront blessés sur leur parcours. Non, le pardon envers eux-mêmes. Savoir se pardonner pour avoir était ne serais-ce qu’un jour, une heure, un instant, un être vulnérable. Se  pardonner de la honte que l’on a pu ressentir d’avoir été une victime silencieuse à tant d’autres victimes semblables. Et surtout, savoir qu’au-delà de toutes les luttes et de toutes les pertes, nous pouvons nous relever fièrement en sachant que viendront pour nous des jours meilleurs.

Voilà pourquoi j’ai choisi ici de partager des mots tantôt cruels, tantôt tendres qui composent trop souvent la trame de nos histoires communes…

 

Le poids de la conscience

«De quel enfant serions-nous faits pour ne jamais vibrer?

De quel enfant serions-nous père

Pour ne jamais, jamais aimer? (…)

De quel métal serions-nous faits pour ne jamais vibrer

Dequel enfant serions-nous père

Pour ne jamais aimer

Daniel Steff (Au momentd’être à vous)

« Nous sommes aussi malade que nos secrets »

John Bradshaw

Le diable pleure aussi

Ses tourments incompris

Et déverse son torrent acide

Sur nos visages mornes et livides

Épuisé d’être sous les projecteurs

Il se tortille de douleur

Et nous réclame quelques mois de clémence

De sainte paix et de vacances

Fini les disputes, les frictions

Les coups de gueule, les oppositions

Il en a marre des commérages

Des sermons, des copinages

Eh oui, le Diable pleure aussi

En rêvant d’un bref séjour au paradis

I

Je t’aimerai toujours

«  Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es »

Machiavel

Arès prend plaisir à noter et à compiler ses observations concernant le sexe opposé dans un fichier informatique. Il le fait avec une méthodologie presque scientifique;cartésienne et structurée. Et puis, n’est-il pas psychanalyste de profession ? Un spécialiste des labyrinthes tortueux de l’esprit.

On peut y lire les notes suivantes :

De toutes ces promesses futiles et accessoires que l’on déclame parfois intempestivement au nom de l’amour, pas une seule n’est plus sûrement trahie que celle-ci : « Je t’aimerai toujours » Pourtant, les femmes ne se lassent jamais de les attendre ces paroles volatiles. Et ce,qu’elles soient dites impudiquement au grand-jour ou encore dans l’antichambre close du silence. Les filles, espèrent ces mots avec un acharnement hors du commun, les revendiquent même, les marchandent à l’occasion, s’y piquent avec l’addiction des junkies. Elles s’y accrochent, comme un nouveau-né au sein de sa mère. Et plutôt que de capituler devant la cruauté de la vérité qui parfois leur éclate en plein visage, celles-ci, préfèrent croire en nos bonnes intentions, nous trouvant mille excuses pour justifier nos emportements intempestifs qu’elles souhaiteraient momentanés. Et même, les plus odieux. Tout leur semble plus tolérable que de s’avouer vaincues et de ne pas s’être montrer digne de la promesse clamée aux premiers jours.

Voilà comment mon analyse approfondies de ces vaines créatures a servit mes vils desseins.

À mes yeux, les relations amoureuses ne sont qu’un divertissement complexe et passionnant. Un jeu où irrémédiablement c’est le plus astucieux, le plus malin, et le plus impassible qui marque des points. En bout de ligne c’est lui qui remporte la victoire, celle contrôle total de son adversaire.

Les sentiments ne sont alors que duperies, de simples pions que l’on déplace ou qu’on négocie sur le grand échiquier de l’existence. La fin justifiant les moyens,il ne peut y avoir qu’un seul gagnant. 

Pour marquer des points, il me faut d’abord bien connaître mon adversaire, tout savoir, rien ne doit  lui échapper. Il est primordial de le connaître dans les moindres détails, de bien le cerner jusque dans ses moindres failles et dans ses pensées les plus intimes. Alors,seulement peut s’établir la plus efficace des stratégies afin miner notre victime et déclarer Échec et Mat.

Toutefois, cela demande un investissement total, donc plusieurs sacrifices dont du temps et quelques loisirs.

Pour y parvenir j’ai du m’abaisser à marcher dans leurs traces fréquenté leurs endroits de prédilections, feuilleter des centaines revues féminines ainsi que lire quelques-uns de leurs sordides romans à l’eau de rose. En plus, de me documenter à travers la littérature féminine et une multitude d’écrits traitant de la psychologie féminine, du couple, de la famille. La plupart d’ailleurs de ces instructifs ouvrages qui ont été écrits l’ont été par des hommes. Brillants ces messieurs, je dois bien l’admettre. Néanmoins, les plus intéressants à mon avis sont les textes revendicateurs et critiques de certaines de ces féministes castratrices qui sont en recherche de notoriété et d’une reconnaissance sociale, égale à la nôtre. Une utopie risible et frauduleuse…(à suivre)

Image: Natalia Deprina

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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