Lettre aux malmenés de la vie

Photo de Monique Delord.

Il n’y a pas de voies sans issues, jamais. Que ce soit un grand boulevard goudronné, une petite rue tranquille, une impasse, une route de campagne, un chemin en forêt, une piste dans le sable ou dans les pierres, toutes les voies mènent quelque part, même si ce n’est pas là où l’on voulait aller.
Je sais qu’aligner des mots qui peuvent paraître donneurs de leçons ne règle pas les problèmes des uns et des autres. La peste n’a jamais guéri personne du choléra.
À vous qui traversez un moment difficile, qui ne croyez plus guère en la vie ; à vous qui venez de trébucher sur le chemin que vous aviez choisi ; à vous qui vous vous demandez quoi faire de votre vie ou qui vous demandez ce que vous en avez fait ;
Je n’ai pas de réponses à vos questions, je n’ai que des mouchoirs à vous proposer pour sécher vos larmes, mes bras à vous offrir pour vous réchauffer, mon rire pour soulager votre cœur en peine, ma propre histoire à vous partager non pas pour vous dire : « j’ai aussi souffert », mais pour vous confirmer qu’on revient de tout.
À ceux qui se trouvent à la croisée des chemins, qui doivent bouleverser complètement le cours de leur vie pour construire une autre histoire, ou plutôt continuer leur histoire en choisissant une autre voie que la précédente ; à ceux que je connais et que j’aime et à ceux que je ne connais pas et qui souffrent pareillement ; à ceux que les guerres des Hommes amputent d’une partie de leur cœur ;
Je n’ai toujours pas de réponses, pas de solutions, juste ma conviction profonde que les montagnes se franchissent, les broussailles se démêlent, les rêves perdus se retrouvent même derrière le moindre gravillon du chemin. Même en plein désert il y a des fleurs qui poussent, Théodore Monod, entre autres, a pu en témoigner.
Pour reprendre une expression chère à Abdellatif Laâbi, il convient de reprendre notre bâton de pèlerin fidèle compagnon pour traverser une vie. C’est long et court à la fois, une vie. Elle a les couleurs de l’arc-en-ciel, les saveurs des fruits défendus ou pas (à chacun(e) ses convictions), les odeurs des fleurs et des Hommes, les rires des enfants d’ici et d’ailleurs … Elle renvoie aussi, en écho, les cris des souffrances d’ici et d’ailleurs ; les larmes des enfants des guerres …
La peste ne guérit pas du choléra, disais-je, et je sais que les malheurs des uns ne font pas les bonheurs des autres.
Tout compte fait, la vie est un énorme bouquet avec parfois des plantes nocives. Ce ne sont pas les plus nombreuses puisque nous sommes encore des milliards à peupler cette planète.
Qui que vous soyez, où que vous soyez, où que vous alliez …
Allez-y, sans vous retourner. Votre vie est droit devant vous et elle vous réserve certainement plus de rires que de larmes, plus de beau que de laid.
Belle route !

Merci Monique Delord

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
Cet article a été publié dans Psychosocial. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s