Lettre au poète et philosophe Christian Bobin (2008)

La vie nous fait parfois rencontrer, comme par magie, des personnes spéciales qui chamboulent tout sur notre chemin et qui illuminent nos journées.

« Mon coeur volait comme un brin de paille dans l’air du monde avant que tu prennes entre tes mains pour le sauver. »

Christian Bobin

 

Très précieux Bobin,

Si  aujourd’hui, je vous écris ces quelques lignes, c’est que notre rencontre hors du temps me l’aura permis et que je vous en serais éternellement reconnaissante. Rien de plus simple et en même temps de plus complexe que ce rendez-vous dans cette antichambre  du monde éclairée par votre seule présence et vos éclats de rire. Un regard lumineux et différent dans un monde de convenus et de prétentions.

 Comme vous l’avez si joliment exprimé : une fée s’est penchée sur mon berceau à ma naissance et m’a dit : « Tu ne goûteras qu’à une part minuscule de cette vie et en échange tu la percevras toute. » Voilà que le sort en avait été jeté et que j’avançais dans ce monde me sentant à la fois étrangère et solitaire, sans véritables repères pour poursuivre plus avant mon chemin. Orpheline dans l’âme. Et pourtant,  après tant d’attentes, vous voilà vous et votre pensée jumelle qui m’apaise. Voilà que j’avais enfin une petite place ici-bas, ma place. Je    n’étais plus seule avec ma vision poétique de toutes choses.

Votre existence m’aura permis de devenir cette aube claire au premier jour du monde. Alba, car il est vrai que je suis née bien des années après ma naissance.

Jusqu’à ce jour je n’étais qu’une sans abri des émotions en perpétuelle errance en quête d’un regard profond, d’une pensée lumineuse. Car mon enfance rieuse fut traversée par tant d’éteignoirs de joie dans une dictature du raisonnable qui occulte l’exaltation devant la beauté presque douloureuse pour les yeux du cœur, de la nature si généreuse par ses grandes leçons de la vie devant notre humanité parfois en rade.

Avec vous dans le plus noir des noirs c’est toujours la lumière qui triomphe. Merci pour ça et bien plus encore. Car Merci est bien peu de chose pour exprimer l’indicible, car je vous dois d’être encore en vie et croyez-moi, cela tient du miracle!

Infiniment,

Elena Luz

 

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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2 commentaires pour Lettre au poète et philosophe Christian Bobin (2008)

  1. johanne neusy dit :

    Merci, merci et merci. Que de chemins parcourus sans amour, que de désillusions, que de souffrances. Et pourtant cela avait un sens. Triompher de l’obscurité pour aller vers la lumière est quelque chose qui demande du courage, de la persévérance, de l’optimisme et surtout de la foi. Poursuivre ce chemin semé d’embûches avec la conviction que celui-ci nous mènera vers le bonheur. Aimer est la plus grande récompense que l’ Univers puisse nous envoyer.

    Recevoir un tel cadeau relève de l’incroyable .

    Aimé par 1 personne

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