Scènes de vie…

Juste de l’autre côté de la voie
En face de moi,
Là, seule sur la chaussée,
Une femme, à même le sol, assise
L’échine pliée en deux
Elle regarde et le ciel et les hommes
La brise défait son foulard noir
En ce décembre froid, intimidant le soleil
Quelques mèches blanches
Quelques tranches de vie

Même le ciel de JANVIER
Est sous le charme de la misère
A voir les nuages obscurs
Les visages humains, tristes,
Égoïstes, dépourvus de sentiments
Ils n’ont plus le temps
Car FÉVRIER est à leur trousse
Galopant, trottant, cavalant
À un rythme effréné
Ils maudissent le temps

Plus de répit, plus de trêve
Ils ont des agendas sans rêves
Des réalités virtuelles
Paradis artificiels
Pour les jours anthracites
Du soleil en bouteille
Des vitamines en capsules
Du bonheur en pilules
Les âmes se tapissent
Dans des édifices de verre
Ils errent dans les odeurs de bitume
Les esprits qui cafardent dans la brume

Les corps sans âge trahissent
Les cicatrices des scalpels sur leur chair
Ils se souviennent d’un autre temps
Et veulent en tromper l’absence
Un mois de MARS fait d’autrement
De joie de vivre et de présences

De l’autre côté, une voix
AVRIL, ce fait coquet
Ne serait-ce pas la tempête d’étoiles
Qui s’apprête à fêter MAI
En ces matins bleutés qui se dévoilent
Car chaque saison a sa chanson
Celle de la pluie de JUIN, pianotant
Celle des murmures des feuilles ravies
Celle des amants de JUILLET à corps et à cri
Sous un vermeille parapluie
Qui ne couvre même pas leurs têtes

Chaque saison a sa mélodie
Celle des soupirs étouffés du mois d’AOÛT
Celle des plaintes de cette femme
Qui s’égrène à petit feu
Celle de l’aurore berçant nos âmes
Chaque jour est une fête
L’encens de SEPTEMBRE débordant des vases
Enivre les passants qui se sont attardés

Nuits si longues éternelles
Les étoiles d’OCTOBRE naissent et meurent
Entre deux pauses
L’écume s’éparpille et repose
Sous le sable laissant des rides sur son passage
Comme les débris d’amour
Qui siègent toute une vie

S’effeuillent les saisons de l’amour
Telles ces pourpres pétales
S’étalant sur ton passage ô NOVEMBRE !
Lasses se fanant tristement
À la fin de ta journée

Enfin DÉCEMBRE et l’année qui sombre
Les SDF sont toujours là
Blottis entre misère amère
Et froid cruel suçant les derniers souffles
De ces corps gisant avant le terme
Nous effeuillons les jours les uns après les autres
Comme ces mignonnes fillettes arrachant
Les pétales d’une fleur qui agonise

Ces SAISONS qui défilent sillonnant nos cœurs
A tort et à travers
Nous piétinent
Puissent ces arc-en-ciel envahir nos ruelles
Nos artères
Puissent ces lumières illuminer nos âmes
Nos mains ont fort besoin d’autres mains
L’équipage est sur la grève
Bientôt le voyage, les matelots et les bateaux…

Elena Martinez & Mohammed El Qoch
© 2013
A quatre mains

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A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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