Intervenant (e) : hors d’usage “temps-horaire”

“Le temps gâte souvent les meilleures résolutions”

Vauvenargues

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Nous entendons de plus en plus parler de l’importance de se sentir « heureux » au travail, de maintenir une bonne santé mentale, d’aimer ce que nous faisons et aussi de garder en tout temps une attitude positive. Attitude qui aura bien entendu un impact direct sur l’altitude de notre ascension professionnelle et par le fait même, de notre satisfaction personnelle.

De plus, nous sommes conscients que le fait de privilégier des relations harmonieuses avec nos collègues et nos supérieurs favoriseront grandement la qualité du temps que allons passer dans nos environnements respectifs à gagner notre vie ainsi qu’à tenter d’évoluer sur tous les plans pour vivre de façon optimale notre vocation, notre mission de vie?

Sur le Portail santé et mieux-être nous pouvons y lire que le travail a un effet positif sur la santé mentale des personnes ainsi que de nombreuses études démontrent que les personnes qui occupent un emploi tendent à être en meilleure santé mentale que celles qui ne travaillent pas.

En effet, en plus de fournir un revenu, le travail favorise les contacts sociaux ainsi que le développement d’habiletés et de l’estime de soi.

Alors pourquoi, le nombre de « burn-out », de maux de dos, de stress et anxiété, est-il en hausse ainsi que le taux d’absentéisme, de présentéisme, de démissions et de personnes qui disent vivre de graves difficultés au travail?

Selon la Commission de la santé mentale du Canada, près du quart de la population canadienne vivrait avec les problèmes de santé mentale ci-haut mentionnés.

Au Canada, plus de 30% des demandes de remboursement pour incapacité transmises aux compagnies d’assurances sont liées à des maladies mentales.

Le monde du travail a subi de grands bouleversements depuis les dernières décennies, nous sommes très loin de la « société des loisirs » que prédisaient les économistes et les futurologues dans les années 70.

Force est de constater que celle-ci n’a jamais vu le jour. Au contraire, le travail prend de plus en plus d’importance! Nombreux sont les travailleurs qui sacrifient des aspects importants de leur vie personnelle au bénéfice de leur carrière. Les conditions de travail se sont transformées et les exigences ainsi que les responsabilités au travail ont augmenté. Les employeurs recherchent de plus en plus des employés bien formés, spécialisés, tout en restant polyvalents. Il n’est pas rare de voir de nombreux postes se fusionner pour économiser sur les ressources humaines, en exigeant plus de travail du moins grand nombre d’employés possible.

Qu’en est-il lorsque les intervenants, on besoin d’une intervention?

Bruno Fortin, psychologue en milieu hospitalier a commis plusieurs écrits à ce sujet et relate ces questionnements :

« Comment expliquer à votre beau-frère qui déménage de lourdes boîtes toute la journée que vous semblez encore plus fatigué que lui? De son point de vue, vous ne faites rien! Un intervenant (…), ça demeure assis toute la journée dans une chaise confortable, et ça ne fait qu’écouter les problèmes des gens. Quoi de plus simple? Comment expliquer que le travail en intervention puisse être si épuisant et source de détresse émotionnelle? »

Facteurs de risques selon Santé Canada

  • Surcharge de travail;
  • Manque de soutien et de reconnaissance;
  • Manque d’autonomie au travail;
  • Manque de communication et d’information (manque de transparence);
  • Manque d’ouverture de l’employeur envers les mesures de conciliation travail-vie personnelle;
  • Relations tendues dans le milieu de travail (harcèlement psychologique, par exemple);
  • Manque de précision dans les consignes et les mandats;
  • Précarité de l’emploi, c’est-à-dire ne pas avoir de garantie de pouvoir conserver son emploi.

Certains facteurs individuels familiaux, sociaux et économiques peuvent aussi être des facteurs de risque.

Quelques-uns des facteurs de risques selon Bruno Fortin

  • Devoir prendre des décisions importantes au sujet de situations complexes, sous pression, dans un climat de crise, alors qu’il nous manque des informations importantes.
  • Côtoyer quotidiennement des gens excessivement pessimistes, exigeants, accusateurs et agressifs.
  • Devoir recommencer encore et encore des interventions auprès de gens parfois passifs, peu motivés, qui ne suivent pas les conseils qu’ils réclament eux-mêmes.
  • Vivre souvent de l’impuissance sans perdre l’espoir.
  • Travailler avec peu de support malgré les menaces constantes de poursuites, de mesures disciplinaires, ou de congédiement.
  • Côtoyer quotidiennement l’expression d’émotions intenses. Être confronté à notre propre souffrance au contact de la souffrance d’autrui.

Conseils pour une bonne santé mentale au travail selon Santé Canada

  • Prenez toute la durée des pauses prévues à votre horaire de travail
  • Participez aux programmes de mieux-être et d’aménagement de temps de travail, si ces programmes existent dans votre milieu de travail.
  • Gardez-vous du temps pour des rencontres sociales et amicales avec vos collègues.
  • Allez chercher du soutien auprès de vos collègues durant les périodes de stress ou plus intenses au travail.
  • Évitez de recourir à l’alcool et aux drogues pour gérer votre stress au travail. Si vous ressentez des sentiments négatifs parce que vous jugez avoir subi de l’injustice, parlez-en avec votre employeur ou une personne de confiance pour trouver des slutions.
  • Au besoin, demandez l’aide d’un professionnel de la santé. Vous pouvez aussi communiquer avec le Programme d’aide aux employés (PAE) si ce programme existe dans votre milieu de travail.

Comme l’exprime si bien Jacques Salomé, psychosociologue : combien vont partir, quitter leur emploi avec le sentiment d’un immense gâchis, et l’amertume, le regret que l’entreprise n’ait pas prévu un temps de travail commun, d’échange et de partage ? Un temps qui aurait permis à l’employé d’expérience de sensibiliser le nouveau venu, au-delà du savoir-faire, au savoir-être essentiel à un savoir-créer et un savoir-produire de qualité associés à des exigences, à de la rigueur et à de la cohérence?

Alors prenons grand soin de la plus humaine de nos ressources : Les employés, les intervenants, les travailleurs.

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A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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