L’image de soi !

« Le chemin est long pour tenter de clarifier et de réconcilier l’image que j’ai de moi, l’image que je voudrais que les autres aient de moi, l’image qu’ils ont de moi et l’image qu’ils voudraient que j’aie de moi… »

 Jacques Salomé

Pourquoi ne pas tenter d’adopter dès aujourd’hui une attitude plus douce vis-à-vis de soi ?

Pour progresser dans notre élagage intérieur et cultiver tranquillement notre appréciation, voici quelques prémisses et petites initiatives qui mises bout à bout nous permettrons de faire croître en beauté le jardin de notre image personnelle.

Pourquoi tranquillement ?

Tout simplement parce que c’est par un travail de longue haleine, voire de toute une vie. Mais la pratique régulière est vite payante: les grands voyages sont faits de petits pas…

L’acceptation est la devise !

L’estime de soi va de pair avec l’acceptation de soi. Les personnes dont l’estime est élevée tendent d’éviter d’entrer dans un rapport d’adversité avec elles-mêmes. L’acceptation de soi permet de grandir et de mettre de l’avant la meilleure image de soi. S’accepter ne veut pas dire être exempt de tout désir de s’améliorer, d’évoluer. Cela veut tout simplement dire ne pas être en guerre avec soi-même, ne pas nier la réalité de ce qui est présentement vrai – dans l’ici et maintenant – dans notre vie, de précis dans notre existence. Ici, on fait référence à l’acceptation et au respect «des faits» sur notre propre personne (honnêteté vis-à-vis de soi). Nous accepter signifie que ce que nous pensons, ressentons et faisons est en cohésion au moment où elles surviennent.

Lucidité 

Nous, nous savons imparfait et nous l’acceptons, car c’est en risquant et en échouant que nous apprendrons. S’accepter imparfait, c’est augmenter sa liberté d’agir, de découvrir. Nous ne renonçons pas à travailler ni à progresser, mais nous souhaitons tout simplement le faire dans la tranquillité et à notre rythme.  Cette attitude nous permet de faire face efficacement aux changements, défis et difficultés du quotidien. Elle est aussi une façon de vivre auprès des autres sans nous comparer et de ce fait, cela rend notre présence auprès d’autrui plus agréable.

J’écoute et je contrôle mon dialogue intérieur !

Habituellement, parce que nous voulons bien faire, nous en arrivons parfois de déraper et à perdre notre contrôle, notre lucidité, à faire de mauvais choix sous la pression de notre dialogue intérieur et nous voilà critique, frustrés, stressés, nous nous jugeons négativement, nous nous punissons, nous percevons l’environnement plus exigeant ou compétitif qu’il ne l’est en réalité. Les émotions négatives (colère, inquiétude, tristesse) sont alors souvent au rendez-vous.

Doutes, auto dévalorisation, dureté excessive font partie de vos réflexes ?

 Parfois même nous nous malmenons en croyant nous stimuler ? Ne nous décourageons pas : l’acceptation s’apprend et se cultive, en attendant, nous en vouloir n’est pas la solution. Pour progresser, il est primordial d’évoluer dans un climat de tolérance. Cela ne conduit nullement à la complaisance ou à la médiocrité, mais à davantage de motivation et de curiosité.

De plus, n’oubliez pas non plus qu’une pensée positive vaut 100 pensées négatives… alors, compensons et arrosons-nous allègrement de pensées positives!

Je veille sur moi, lucidement !

 Il est parfois bon de faire preuve de prudence dans nos rapports avec autrui et de discriminer ce qui est toxique et nutritif pour nous. Ne pas se dévoiler complètement présente de nombreux bénéfices : modestie, réserve, respect d’autrui. Mais aussi des inconvénients : le risque d’être mal compris, que la prudence soit assimilée à de la froideur, de l’indifférence ou de la passivité, et de vous sentir frustré à force de laisser passer des opportunités. La protection de soi est nécessaire lorsque nous nous retrouvons dans un environnement hostile et dur, mais ne doit pas nous empêcher d’évoluer ni doit nous appauvrir. Prenons le temps de réfléchir, de temps en temps, à nos fragilités. Non pas pour nous inquiéter, mais bien pour les apprivoiser et cultiver notre lucidité sur nous-mêmes et notre environnement. Notre crainte d’être blessé, rabaissé, dévoilé est-elle réaliste ? Et si oui, comment agir autrement?

Je m’affirme! :

«Alors que l’estime de soi est un travail tout intérieur qui s’effectue sur l’image de soi, sur son dialogue intérieur et sur son senti, l’affirmation de soi est «l’expression» de ce travail intérieur sur son entourage» rapporte le psychologue Jean Monbourquette.

Mais une fois qu’une personne s’estime dans son for intérieur, comment doit-elle s’y prendre pour communiquer à son entourage l’appréciation d’elle-même qu’elle a développée? Voici quelques activités et attitudes qu’il propose:

  • Entretenir en nous-mêmes une image corporelle positive;
  • Apprendre à avoir une posture confiante et détendue en groupe;
  • Apprendre à apprécier nos comportements en public (par exemple, pouvoir se mouvoir et parler en public);
  • S’exprimer et nous sentir capables de donner notre opinion avec courage;
  • Se dégager des peurs d’être rejeté par notre entourage;
  • Savoir régler nos conflits d’une manière créatrice.

Pour s’aimer

Comme l’exprime si bien Jacques Salomé, psychosociologue, pour s’aimer, il semble important de ne pas avoir été élevé à partir d’injonctions, de disqualifications, de chantages, de menaces, de comparaisons ou de culpabilisations, mais plutôt à partir d’une relation qui permettrait et favoriserait l’échange en réciprocité, dans la tolérance des vécus différents, dans l’apposition et la confrontation plus que dans l’opposition et l’affrontement.

Des relations fondées sur une alternance possible des rapports de force, c’est-à-dire dans la possibilité d’échanges et de partages en réciprocité.

Comment oser s’exprimer et communiquer quand on s’estime si peu ?

En relativisant. Par exemple, lors des échanges en réunion, la peur de dire des choses erronées ou banales ou déjà dites peut empêcher l’expression de soi. Mais en osant et en écoutant les autres. Nous découvrons que les conversations autour de nous ne sont pas toujours si originales et nous nous apercevons que personne ne peut dire que des choses drôles, profondes, nouvelles, etc. Il est normal que nos propos soient parfois simples, voire banals.

Certaines personnes souffrent plus qu’un manque de confiance en soi. L’anxiété sociale fait légion dans notre société. Le principal symptôme de cette dernière consiste à redouter à «l’extrême» le jugement d’autrui. À cela, s’ajoutent des problèmes d’estime de soi. En fait, l’anxiété et une faible estime de soi sont intimement liées et entraînent bien souvent chez l’individu anxieux la peur de ne pas être à la hauteur. (Si les émotions d’anxiété et de honte sont trop fortes, mieux vaut prendre contact avec un psychothérapeute).

Bonne ou mauvaise, l’estime de soi est-elle un héritage? Oui. Nous sommes plus ou moins bien lotis au départ, selon le niveau d’estime de soi de nos parents, l’amour et le soutien que nous avons reçus. Ce passé, plus ou moins heureux, est une page que l’on ne peut réécrire, il faut composer avec, rédiger la suite à notre façon. Nous avons la capacité de surmonter nos blessures : c’est la résilience. Ce qui compte, ce n’est pas d’avoir une grosse estime de soi comme on aurait une grosse voiture, mais de piloter intelligemment. Nous pouvons avoir une estime de soi vulnérable et bien vivre, en composant avec nos doutes, nos limites.

À quoi voit-on que l’on est sur la bonne voie ? À l’oubli de soi ! Penser toujours à soi est le signe d’une estime de soi qui souffre. Plus elle se conforte, et plus elle devient silencieuse, comme une mécanique bien huilée. Peu à peu, on se tourne davantage vers les autres et le monde. Nous pensons à vivre, tout simplement !

Chantez, dansez, souriez. Relativisez et tentez de développer le sens de l’humour! 

Exercice:

 Est-ce que j’ose affirmer chacune de mes réalités (besoins, valeurs, croyances, pensées, émotions) devant les personnes dont l’opinion m’importe ou pourrait m’importer ? (Ceci inclut naturellement les personnes que nous admirons, celles auprès desquelles nous voudrions être estimés ainsi que celles qui ont une position d’autorité face à nous.)

Nom: ____________________   Oui              Non

Nom: ____________________   Oui              Non

Nom: ____________________   Oui              Non

Nom: ____________________   Oui              Non

Critère: Pour chaque personne, oui (j’affirme ces dimensions de moi) ou non. Et, si c’est non, quelle dimension est la plus difficile à exprimer pour nous.

Références :

Salomé, Jacques, Des choses à vous dire, Les Éditions de l’Homme, 2016

Monbourquette, Jean & Al, Stratégies pour développer l’estime de soi et l’estime du soi, Novalis 2013

Lectures suggérées:

Des choses à vous dire de Jacques Salomé (Les Éditions de l’Homme, 2016)

120 Mots-Clés pour s’émanciper de Gian Laurens (Le souffle d’or, 2006).

Le bonheur d’être soi de Moussa Nabati (Fayard, 2006).

Transfert et droit de vivre, par Michelle Larivey. Article est tiré du magazine électronique. La lettre du psy, volume 3, No 5: Mai 1999. www.redpsy.com

Cessez d’être gentil, soyez vrai de Thomas d’Ansembourg (Éditions de l’Homme, 2001).

Exprimer sa colère sans perdre le contrôle de Didier Pleux (Odile Jacob, 2006)

La puissance des émotions de Michelle Larivey (Éditions de l’Homme, 2002).

Mon corps et ses images par J.D. Nasio. Payot, 2007.

 

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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