Si on s’écoutait…

Où est allé tout ce monde qui

avait quelque chose à raconter.

On a mis quelqu’un au monde,

 on devrait peut-être l’écouter…

Harmonium

Nous entendons souvent parler d’écoute active, dans les médias, les bouquins de psychologie, dans les cours de service social,  sans oublier lors des nombreuses conversations relatives à ce thème que nous avons à l’occasion avec nos proches, et pourtant…

Écouter l’autre c’est aussi l’accompagner. Accompagner qui vient de l’ancien français compain (compagnon, copain) et qui signifie se joindre à quelqu’un, être présent auprès de lui. Il ne s’agit donc pas de diriger l’autre, mais plutôt d’aller à sa rencontre, là où il se trouve. De plus, nous n’écoutons vraiment quelqu’un que si nous avons conscience des limites de notre compréhension.

Ainsi, écouter c’est être toutes antennes sorties, réceptif à ce mystère qu’est l’autre.

 Voilà ce que j’ai retenu d’une lecture d’un très beau livre de Marie Hennezel intitulé L’amour ultime, psychologie et tendresse dans la traversée du mourir : «  Ce que nous pouvons apporter de plus précieux, c’est la profondeur de notre présence, la finesse de notre attention à l’autre ». Personnellement, je crois que plus notre présence sera transparente, plus l’autre aura de l’espace pour s’exprimer, pour être.

Écouter, c’est être disposé à faire le silence en soi pour n’entendre que l’autre. L’écouter dans ses doutes, ses espoirs, ses hésitations, ses peines, ses réussites, sans chercher à le bousculer. C’est aussi accueillir la souffrance. De plus, nous pouvons dans notre accompagnement offrir notre regard sensible et ainsi permettre la résonance pour que l’écouté s’entende mieux.

Il y a déjà quelques temps de cela, je lisais un article très intéressant traitant de l’écoute, ou devrais-je dire de l’absence d’écoute véritable dans notre société prônant des valeurs d’individualisme et de suprématie  économique. Jean Dion, chroniqueur pour le quotidien Le Devoir , signait cet éditorial du 25 mai 2000. Je ne citerai ici qu’une phrase extraite de son texte : « L’écoute reste la grande oubliée de notre société moderne en pleine révolution des communications ». Je me souviens avoir trouvé son propos juste et pertinent. Car il est évident que dans cette ère dite des « communications rapides » qui nous sont transmises par Internet, les médias et les autres moyens technologiques…l’être humain n’a jamais été aussi isolé. Isolé dans ce trop-plein d’informations que nous ne parvenons pas toujours à gérer, voire digérer. De plus en plus, se fait ressentir le manque d’une écoute véritable…Être entendu!

 L’écoute authentique est un don si rare que de plus en plus nous payons des spécialistes de toutes sortes pour être écoutées. Trop souvent, on écoute l’autre en s’occupant d’autre chose ou en se laissant distraire par un événement, une personne, un objet. Trop souvent aussi, on écoute en ramenant tout à soi et en cherchant la moindre occasion d’intervenir pour prendre la place. C’est pourquoi lorsque survient un  de ces moments privilégiés durant lesquels un être humain se sent vraiment écouté, cela peut provoquer un sentiment parfois si douloureux…car ces moments rarissimes mettent en lumière d’autres heures plus nombreuses, des jours, des années d’une possible solitude. Solitude parfois partagée à plusieurs et rendue muette à force d’incapacité à  s’exprimer.

Selon moi, tout être humain mérite et a le droit d’être ENTENDU dans toute son humanité. C’est pourquoi, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle, il est presque vital de pouvoir se confier à des individus qui savent écouter et qui sont significatifs pour nous. Et surtout, dans lesquels nous avons une confiance totale.

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© Texte, tous droits réservés, Elena Martinez

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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