Sur les chemins du silence

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« Les traces des personnes qui cheminèrent ensemble jamais ne s’effaceront » -Proverbe congolais

 

«  Communiquer suppose aussi des silences, non pas pour se taire,

 mais pour laisser un espace à la rencontre des mots »

Jacques Salomé

 

C’est une étrange invitation que de convier à marcher sur les chemins du silence. En effet, quel drôle d’idée à notre époque où l’on privilégie le bruit et l’agitation. Notre instinct grégaire nous pousserait plutôt à marcher comme des moutons au sein d’un troupeau en quête de dépaysement ou comme des montagnards à l’assaut du sommet qui mène vers le calme bienfaiteur.

La santé étant plus et mieux que l’absence de maladie, le silence est plus et mieux que l’absence de bruit. Il ne devrait pas être un luxe réservé aux moines qui se retirent dans la solitude de leur monastère ou le silence exigé dans certains lieux publics. Et pourtant, je crois que le silence est une nécessité aussi vitale que l’air que nous respirons ou que le pain que nous mangeons. Nécessité d’ordre psychologique et physiologique : il faudrait donc nous aménager des temps de repos, un lieu de silence pour le corps et l’esprit, dans le but de nous désintoxiquer des bruits qui nous assaillent et surtout nous retrouver avant d’aller à la rencontre de l’autre…

Il faut prendre le temps nécessaire pour s’en revenir du pays où la saleté pollue nos paroles et recouvre nos meilleures intentions.  Le temps pour revenir du pays où notre tendresse s’éteint sous les couches accumulées de la déception et du ressentiment; du pays où l’égoïsme ambiant enterre notre volonté de nous ouvrir vraiment.  Avant de se mettre en route, nous devrions aménager des moments et des lieux de silence, pour mieux choisir les paroles qui inventent l’avenir, pour adopter les gestes qui mettent debout, dans le cheminement de l’être, et non plus de l’avoir ou du paraître, avec comme risque possible celui de disparaître.

Instaurer des pauses, pour mieux chanter les mots qui disent la mélodie de l’amour et pour briser les verrous de fer de la peur qui nous emprisonne encore afin de devenir un meilleur compagnon de route et pour partager la parole qui libère.

Il ne s’agit pas d’aménager un silence absolu qui nous détruirait comme le vide du mutisme, mais de mettre en place le silence riche, tissé dans l’alternance entre le son (le moment de parler, de donner) et l’écoute (le moment pour recevoir, pour l’accueillir). Un peu comme les battements alternés du cœur qui bat au rythme de la vie ou encore celui de l’océan, dans des mouvements où ils se détendent, poussant le sang, et ceux où ils se contractent, se reposent, pour recevoir…Temps d’intériorisation et d’extériorisation pour t’offrir tous les mots qui s’inscrivent entre deux silences.

© Texte, tous droits réservés, Elena Martinez

A propos dynamot

Consultante psychosociale et conseillère en développement socioprofessionnel mon centre d'intérêt premier est l'accompagnement de mon prochain dans le respect de son autodétermination ainsi que ma passion pour le pouvoir constructif de certains mots lorsqu'ils sont rattachés à l'action.
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